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Les oeuvres sonores de Susanna Fritscher

 

Air, souffles, mouvements de la langue et de la bouche, bruissements, chuchotements, bégaiements, rafales incontrôlées de mots, mélanges de voix… constituent le vocabulaire des œuvres sonores de Susanna Fritscher, l’artiste appliquant ainsi ses recherches de plasticienne à l’univers de l’audible.

Les premières œuvres (il y a ce que je sais, AUT, 2011) expérimentent les voix de l‘actrice Mireille Perrier et de la soprano Helia Samadzadeh. Des mots, extraits de textes et choisis uniquement pour leur tonalité particulière, ou bien de simples descripteurs du lieu de diffusion de l’œuvre, sont utilisés comme support.

 

or, une autre pièce : blanc, joue-ire : rouge, 2011-2015
* Voir vidéos ci-dessus

En 2012, l‘artiste se rapproche de Charles Pennequin et lui commande trois textes ; il en résultera les œuvres une autre pièce : blanc (2012), joue-ire : rouge (2013) et or (2014), qui transforment l‘écriture « proche de la bouche » du poète et performeur en une matière sonore travaillée à l‘atelier avec Helia Samadzadeh. Ces trois Lautmalereien, enregistrées et montées en studio, ont été conçues pour être diffusées à l’occasion des expositions de l‘artiste sous la forme d‘une installation indépendante et spécifique ; elles ont également été présentées en live – notamment au Palais de Tokyo, au Forum d‘Avignon et au Frac Franche-Comté.

 

Capture / the ears , Bruit B, 2015
* Voir vidéos ci-dessus

En 2015, Susanna Fritscher rencontre le musicien et compositeur Gaël Navard pour réaliser deux pièces électroacoustiques : Capture / the ears et Bruit B. Leur création se fondera sur l‘équivalence visuelle existant entre la représentation des fréquences sonores par le logiciel qu‘utilise le musicien, et l‘œuvre plastique Capture / the eyes de l‘artiste – installation constituée de fils ultraminces. Jouant de cette analogie, les fils ponctués d‘éclats de lumière se changent en partition et produisent un scintillement sonore.
Capture /the ears a été présentée lors de l‘exposition de Susanna Fritscher en avril 2015 à l‘Espace de l‘Art Concret à Mouans-Sartoux (France).

 

Flügel, Klingen, 2017
* Voir vidéos ci-dessus: Flügel, Klingen et Flügel, Klingen invites Eva Reiter, De l’air, de la lumière et du temps et De l’air, de la lumière et du temps invites Nicolas Mondon 

A partir de 2017, l’appareil de la voix s’émancipe de sa relation au corps et devient abstrait : il est reconstruit dans un dispositif composé d’éléments tubulaires gravitant autour d’un moteur rotatif invisible. L’accélération du mouvement circulaire augmente la force du flux et met en vibration les colonnes d’air circulant à l’intérieur des tubes, produisant une fréquence fondamentale, quasi-imperceptible : gagnant en vitesse, cette fréquence se modifie, se complexifie et envahit l’espace. En même temps que le dispositif se dissout dans l’air et se dématérialise, il se transforme en son : le jeu des vibrations et des rythmes se change en expérience spatiale.  

Le projet exposé pour la première fois au Musée d’arts de Nantes (De l’air, de la lumière et du temps, 2017) radicalise la relation entre dispositif sonore et espace pour la 14ième Biennale de Lyon des Mondes flottants par Emma Lavigne. Conçus pour le silo Saône de La Sucrière, les « hélices » sonores sont agrandies à l’échelle du lieu : elles se lèvent et se déploient en cercle de sept mètres dans lesquels s’actualise l’architecture de la salle : la forme tubulaire des éléments renvoie à la forme cylindrique du silo, leurs tracés circulaires reproduisent ses contours. « En même temps que le contour des tubes disparaît, la forme se dématérialise et se transforme en son : l’expérience spatiale est ramenée à un jeu de vibrations, soit, à nouveau, à l’expérience d’un souffle. » 1

Flügel, Klingen peut aussi se transformer en espace musical. Au Musée d’arts de Nantes les quatres dispositifs sonores sont intégrés dans une œuvre spécifique du compositeur Nicolas Mondon jouée sur place avec l’ensemble InSoliTus sous la direction de Javier Gonzalez Novales le 24 septembre 2017. Dans le silo et Mondes flottants la musicienne Eva Reiter joue en son milieu pendant que les hélices résonnent, se lèvent, s’ouvrent, se ferment autour d’elle et l’enveloppent.

 

Frémissements, 2020
* Voir vidéo ci-dessus

Au Centre Pompidou-Metz Susanna Fritscher lie plus étroitement encore oeuvre visuelle et sonore.
« Elle explore le système d’aération du Centre Pompidou-Metz comme un organisme dont elle capte le pouls. Les pulsations de l’air qui émanent de son métabolisme deviennent la matière première d’une chorégraphie de lignes formées par les longs fils de silicone qui captent et reflètent la lumière. Les vagues ondulatoires sans cesse réinventées se propagent et mettent en branle cette forêt impalpable que les visiteurs sont invités à traverser. La nef du centre d’art résonne et amplifie les flux d’air qui y circulent et qui la métamorphosent en un immense corps sonore, instrument à vent qui laisse sourdre les souffles libérés du bâtiment. » 2

 

Pouls, 2022 

Dans une œuvre récente, un réseau à la fois vertical et horizontal composé de fines lignes fluides charge l’espace et l’air de mouvements vibratoires. L’ensemble scintille, frémit, pulse, palpite. Aux intersections de ce maillage fragile, des dispositifs circulaires interceptent les pulsations et les transforment en fréquences audibles. Les sons évoluent en fonction des forces ondulatoires, de leurs accords aléatoires ou de leurs discordances. Les visiteurs traversent cet espace. L’intensité sonore fluctue, devient plus forte à l’aplomb des amplificateurs circulaires, se mélange ou se perd selon les déplacements.

 

1 Philippe-Alain Michaud, catalogue de l’exposition De l’air, de la lumière et du temps, p.17, musée d’Arts de Nantes, exposition du 23 juin au 8 octobre 2017.

2 Emma Lavigne, curatrice de l’exposition, directrice de la Fondation Pinault, Paris, Venise

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